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Notre cerveau, ami et ennemi de l'accouchement ?

Mis à jour : 22 juil. 2019

Comprendre ce qu'est le Néocortex et quelle est sa fonction pendant un accouchement permet de mieux trouver les clés d'un accouchement rapide et sans souffrance.


Pour pouvoir comprendre ma démarche et les informations que je choisis de partager sur mon site, je ne voyais pas comment passer à côté d’une telle introduction. Lorsque j’ai découvert la question du Néocortex, cela m’a fait l’effet d’un ouragan. Alors que je pensais en savoir déjà beaucoup sur l’accouchement, je découvre que toute ce qui me semblait être de l’ordre du ressenti et de l’instinct a en fait une réelle explication scientifique, et elle est localisée au cœur de notre cerveau !


Photo by Gabriel Benois on Unsplash
Notre Néocortex est un inhibiteur extrêmement puissant de nos instincts primitifs. Lors de l'accouchement, on doit réussir à inhiber l'inhibiteur. Le problème est qu'il est très facile à réactiver : lumière, langage, peur... Il faut réussir à trouver les clés en nous et autour de nous, pour le mettre en pause pendant toute la durée de l'accouchement.

Une des choses qui nous différencie des autres mammifères est que nous avons un Néocortex. Ce Néocortex est une partie de notre cerveau qu’on appelle vulgairement notre « cerveau gauche ». C’est celui qui fait qu’on arrive à envoyer des fusées sur la lune ou à construire des infrastructures toujours plus éblouissantes. Mais pas que… Les dernières découvertes scientifiques ont mis en avant une autre fonction de ce Néocortex. Celle d’être un inhibiteur très puissant. En effet, il est le responsable de notre capacité à nous détacher de nos instincts animaux. Lorsqu’un nouveau né arrive au monde, il arrive avec des réflexes instinctifs qui font que si on le plongeait dans l’eau, il bloquerait instinctivement sa respiration, se mettrait à faire des gestes coordonnés pour nager et rejoindre l’endroit le plus proche pour se sortir de l’eau. On peut résumer cela à son instinct de survie. Ces réflexes, qu’on appelle aussi des réflexes archaïques, le pédiatre va même les tester sur votre bébé au cours de votre séjour à la maternité. Votre enfant va ensuite les perdre après ses premiers jours de vie, au fur et à mesure que son Néocortex va se développer. C’est donc en inhibant nos instincts primitifs que nous réussissons à imaginer, conceptualiser ou encore développer des théories.


Lorsqu’on pense à la question de l’accouchement, dans l’imaginaire collectif, il s’agit la plupart du temps d’un événement long et douloureux, avec de gros risques de complications voire de décès. Et pourtant, nous avons tous eu l’occasion d’entendre parler des fameux accouchements rapides, sans douleur ni complications, ou encore orgasmiques. En gros, ces accouchements où la femme n’a même pas compris qu’elle était en train d’accoucher et en quelques minutes, s’est retrouvée à sentir la tête de son bébé entre ses jambes, puis quelques minutes plus tard, avec son bébé dans les bras. On se dit alors le plus souvent : « Elle a eu de la chance celle-là ! ». Et si ce n’était pas le hasard…? Et si la clé de tout cela était dans le Néocortex. Les dernières avancées scientifiques ont permis de comprendre qu’il y a un lien étroit entre le Néocortex et l’accouchement. Pour résumer, notre capacité à inhiber notre Néocortex serait la clé d’un accouchement rapide et peu douloureux. Quelle découverte !!


Ça voudrait dire qu’il faut inhiber l’inhibiteur pour pouvoir accoucher facilement ?! Et bien oui ! Tout l’enjeu est en effet dans cette déconnexion. Cela semble alors facile ? Et pourtant, c’est là toute la difficulté. Dans une société où nous sommes stimulés en permanence et dans le contrôle de tout ce qui nous entoure, on ne nous apprend pas à lâcher prise. C’est pourtant ce à quoi nous devons arriver pour accoucher facilement et rapidement. C’est cette déconnexion qui va permettre la mise en place du cocktail des hormones magiques de l’accouchement : l’ocytocine, la mélatonine et les prostaglandines. Elles vont nous mettre dans un état second qui va amoindrir le ressenti de la douleur, comme une péridurale naturelle, tout en rendant les contractions de plus en plus efficaces tout au long du travail.

Alors tout l’enjeu est de comprendre comment désactiver notre Néocortex pour en revenir à nos instincts primaires. Il faut pour cela comprendre ce qui va stimuler notre Néocortex. Et là, c’est la science qui va ici encore nous aider. Les scientifiques ont mis en évidence que les plus forts stimulateurs du Néocortex sont : la lumière, la parole (encore plus fortement les langues étrangères), l’attention et le plus évident de tous, la peur.


Pour résumer, la seule vraie préparation qu’on puisse faire à l’accouchement, est celle qui permette une déconnexion la plus rapide et profonde possible du Néocortex le jour J. Mais aussi, comment éviter au maximum tous les stimuli du Néocortex le jour de l’accouchement ? C’est là tout l’enjeu de ce que j’ai souhaité partager sur mon site et à travers mon offre d’accompagnement des femmes enceintes.

Et ce que j’aime par dessus tout avec ces découvertes, c’est qu’on remet tout le monde sur un pied d’égalité. Il n’y a pas les « femmes fortes » qui peuvent accoucher seules et supporter de fortes douleurs d’un côté, et les « femmes faibles » de l’autre, ayant besoin d’un accompagnement médical plus important. A travers ces découvertes, on comprend qu’il n’y a qu’une chose qui compte : c’est notre capacité à déconnecter ou non notre Néocortex. Donc le jour J, il y a celles qui sont dans les meilleures conditions pour réussir leur déconnexion du Néocortex, et celles pour qui ce sera plus compliqué. Mais une fois qu’on le sait, on comprend alors que nous avons toutes en nous, une capacité instinctive à accoucher par nous-même, sans avoir réellement besoin de présence extérieure. Au contraire, on comprend alors que l’intervention externe peut être une source de blocage dans le processus de déconnexion et donc d’accouchement. On sort ici du clivage habituel entre l’accouchement avec ou sans péridural ou encore par voie basse ou par césarienne.


Tout l’enjeu est de mieux se connaître pour mieux découvrir ce qui nous permettra de lâcher prise le plus facilement. Et nous sommes toutes différentes sur ce point.

On peut donc dire que sur ce site, on s’informe pour permettre à notre Néocortex de mieux comprendre oui, mais surtout, on fait la fête au Néocortex !


Alors bonne déconnexion à toutes !

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